La Région Réunion vient de tirer la sonnette d’alarme. Vendredi 7 février, sous la présidence d’Huguette Bello, la commission permanente s'est prononcée d’une seule voix : il est impératif que l’État garantisse le financement de 12 000 contrats Emplois Parcours Compétences (PEC) en 2025. Une demande qui sonne comme un cri du cœur dans un contexte où le chômage reste une plaie béante sur l’île. Mais pourquoi ces contrats sont-ils si cruciaux pour La Réunion ? Et surtout, comment expliquer le désengagement progressif de l’État ?
Un dispositif essentiel pour l’emploi et l’insertion
Depuis des années, les contrats PEC ont permis d’offrir un tremplin aux personnes les plus éloignées de l’emploi : jeunes sans qualification, chômeurs de longue durée, ou encore travailleurs en reconversion. Concrètement, ces contrats permettent à ces publics de bénéficier d’une formation et d’une expérience professionnelle, tout en étant financés en grande partie par l’État.
Imaginez une jeune femme de Saint-Benoît, sans diplôme et découragée après des mois de recherche d’emploi infructueuse. Grâce à un PEC dans une association locale, elle acquiert non seulement des compétences, mais aussi une confiance en elle qui lui ouvre ensuite les portes d’un contrat durable. Ces récits sont légion sur l’île et montrent à quel point ce dispositif est plus qu’un simple emploi temporaire : c’est une deuxième chance offerte à ceux qui en ont le plus besoin.
Seulement voilà, depuis quelque temps, l’État réduit sa prise en charge de ces contrats, laissant les collectivités locales et les employeurs associatifs devant un dilemme : poursuivre le recrutement en assumant une plus grande part du coût, ou renoncer et laisser des centaines de personnes dans l’impasse.
Une menace pour le tissu économique et social réunionnais
Lorsque les financements publics se réduisent, les conséquences ne tardent pas à se faire sentir. Pour La Réunion, où le taux de chômage frôle encore près de 20 %, chaque opportunité d’insertion est une lueur d’espoir. Pourtant, avec moins de PEC financés par l’État, ce sont des milliers de personnes qui risquent de voir s’éloigner leurs perspectives professionnelles.
Les associations, souvent les premières à embaucher sous ce dispositif, tirent déjà la sonnette d’alarme. "Sans l’aide de l’État, nous ne pourrons plus embaucher autant de jeunes", confie un responsable d’une structure d’accompagnement social à Saint-Pierre. Le risque ? Que ces acteurs de terrain, véritables moteurs de la cohésion sociale, voient leurs missions s’affaiblir. Ce ne sont pas seulement des emplois qui disparaissent, mais des parcours de vie qui se brisent.
Et que dire des collectivités locales, qui font face à des budgets déjà contraints ? Leur demander d’assumer seules cette charge financière relève de l’utopie. Si l’on n’y prend garde, la suppression de ces aides pourrait aggraver encore la précarité et accroître la dépendance sociale sur notre territoire.
Un appel au sursaut : l’État doit prendre ses responsabilités
Face à cette situation préoccupante, la Région Réunion lance un message fort en demandant solennellement au gouvernement de maintenir les PEC à un niveau suffisant. Ce n’est pas une revendication idéologique, mais un besoin concret pour l’avenir du territoire.
Cette demande doit être entendue, car sans ces contrats, que reste-t-il pour les populations les plus vulnérables ? Dans une île où le marché du travail est plus restreint qu’en métropole, les dispositifs d’insertion comme les PEC sont bien souvent les seules alternatives viables à l’inactivité.
Il est essentiel que chacun mesure l’impact de ces choix budgétaires sur la vie des Réunionnais. Peut-on accepter que des jeunes motivés mais sans qualification restent sans solution ? Peut-on se permettre de voir s’éroder encore le tissu associatif local faute de moyens ? La réponse est évidente : non.
Il est encore temps d’agir. L’État doit jouer son rôle et garantir un financement adapté aux réalités du territoire. Ce combat dépasse les clivages partisans : il concerne l’avenir de milliers de Réunionnais. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement. Cédera-t-il à la facilité des restrictions budgétaires ou prendra-t-il la pleine mesure de son engagement pour l'emploi et l'insertion ?

