Hygiène et propreté : des Makotes toujours présents en 2025
Les rues jonchées de déchets, les caniveaux obstrués par des emballages plastiques, ces scènes, malheureusement trop fréquentes, témoignent d’un problème persistant : celui des incivilités environnementales. À La Réunion, le phénomène des Makotes, ces individus qui abandonnent leurs détritus dans l’espace public, reste une préoccupation majeure pour les riverains et les autorités. Alors que 2025 approche, se pose une question brûlante : comment éradiquer ces mauvaises habitudes et préserver la beauté naturelle de notre île ?
Un fléau qui perdure malgré les campagnes de sensibilisation
Depuis plusieurs années, collectivités et associations mènent des opérations de sensibilisation pour inciter les habitants à adopter un comportement plus respectueux de l’environnement. On se souvient des campagnes d’affichage chocs, des interventions dans les écoles, ou encore des « journées de nettoyage citoyen » qui mobilisent régulièrement des bénévoles engagés. Et pourtant, les Makotes persistent.
Prenons, par exemple, la plage de l’Hermitage un dimanche soir. Tandis que le coucher du soleil dore la mer, une autre image vient ternir ce décor idyllique : barquettes vides, bouteilles en plastique, restes de pique-nique abandonnés sur le sable. Pourquoi ce laisser-aller ? Par commodité ? Par désintérêt ? Ou simplement par un sentiment d’impunité ? Le constat est le même dans les écarts comme en ville : trottoirs souillés, dépôts sauvages en pleine nature, sacs-poubelles éventrés aux abords des chemins.
Les efforts de ramassage et de prévention trouvent rapidement leurs limites si une partie de la population refuse de jouer le jeu. La question dépasse l’hygiène publique : c’est une question de respect collectif et de responsabilité individuelle.
Les sanctions, une mesure efficace ou un simple coup d’épée dans l’eau ?
Face à l’inefficacité des campagnes morales, les municipalités ont durci le ton. De nouvelles réglementations prévoient des amendes pour les contrevenants pris sur le fait. À Saint-Denis ou Saint-Pierre, des agents verbalisateurs ont été déployés, et de nombreux sites sont désormais équipés de caméras de surveillance pour tenter de piéger ces Makotes en flagrant délit.
Mais ces mesures suffisent-elles vraiment ? Certains estiment que sans une réelle prise de conscience des pollueurs eux-mêmes, les amendes ne feront qu’accroître un climat de répression plutôt que d’encourager à un changement durable des comportements. On le sait : un véritable changement ne vient pas uniquement de la peur du gendarme, mais d’un changement de mentalité profond.
Peut-être faut-il s’inspirer d’autres pays où l’économie circulaire et le recyclage sont récompensés ? En Allemagne, le système de consigne rembourse le consommateur lorsqu’il rapporte ses bouteilles vides. À Singapour, la propreté exemplaire de la ville repose sur une politique d’éducation dès le plus jeune âge, accompagnée de sanctions dissuasives réellement appliquées. Et si l’on repensait entièrement notre modèle de gestion des déchets ?
Construire une île plus propre : une responsabilité partagée
La responsabilité ne repose pas uniquement sur les épaules de l’État ou des agents de nettoyage. Chaque citoyen doit jouer son rôle. Un simple geste – ramasser un papier tombé sur le trottoir, utiliser les poubelles mises à disposition, faire preuve d’exemplarité devant les plus jeunes – peut faire toute la différence.
Des initiatives inspirantes émergent chaque jour à La Réunion. Certains restaurants bannissent les emballages plastiques et encouragent la consigne. Des associations organisent des randonnées zéro déchet, où chaque participant ramasse les détritus sur son passage. De nouveaux écopoints permettent aux habitants de trier plus facilement leurs ordures.
Et si nous faisions tous le pari d’un engagement collectif ? Sensibiliser son entourage, refuser les sacs plastiques, signaler les infractions lorsque c’est nécessaire. Ces habitudes, si elles deviennent une norme sociale, pourraient peu à peu venir à bout des Makotes. Après tout, ce qui est toléré aujourd’hui normalise les comportements de demain.
Il est grand temps de réconcilier développement urbain et respect de l’environnement. Les Makotes de 2025 ne sont pas une fatalité, mais leur disparition passera par une mobilisation collective. Veut-on vraiment léguer aux générations futures une île polluée et abîmée ? Rien ne changera si chacun attend que l’autre fasse le premier pas. Il est donc de notre devoir, à tous, de nous engager au quotidien pour une île plus propre. Ne sous-estimons jamais l’impact d’un simple geste : un papier ramassé, c’est déjà un pas vers le changement.

