Un rond’cozé pour recréer du lien : Alexis Chaussalet mise sur la démocratie de proximité
Imaginez une grande place, autrefois battue par les palabres et les éclats de rire. Un endroit où chaque voisin connaissait le prénom des autres, où les décisions se prenaient à main levée, à la simple lumière d'un lampadaire ou sous l'ombre d’un vieux badamier. Ce lieu, ce n’est pas une utopie du passé. C’est la vision qu'Alexis Chaussalet veut remettre au goût du jour, ici-même, à Dassy. Avec ses « Rond'cozé », il entend raviver l'esprit d'une démocratie vivante et accessible.
À l'heure où la politique semble trop souvent se jouer loin des citoyens, dans des sphères opaques et lointaines, le projet d'Alexis sonne comme une bouffée d’air pur. Les Rond'cozé ne sont pas des simples réunions publiques : ce sont de véritables espaces d’échanges, ouverts, sans jugement, où chacun peut exprimer ses difficultés, ses idées, ses rêves pour sa ville. La parole se libère, et à travers elle, renaît un sentiment d'appartenance.
Par exemple, lors de la première rencontre, organisée à la salle de quartier, un agriculteur a raconté ses galères face à la sécheresse qui frappe la campagne. Une étudiante a partagé son désir de voir naître plus d'espaces culturels ouverts aux jeunes. Chacun a été écouté ; chacun a pesé dans la balance. Pas de promesses en l'air, pas de grands discours : juste l'envie de construire à plusieurs mains.
Les défis d’un renouveau citoyen : entre efforts et espoir
Bien sûr, l’idée n’est pas sans obstacles. Redonner confiance exige du temps. Dans les yeux de certains, la méfiance est tenace, car ils ont vu trop de paroles envolées sans jamais atterrir. Mais Alexis Chaussalet le sait : la confiance ne se décrète pas, elle se mérite. C’est pourquoi chaque Rond'cozé est conçu comme un moment sincère, aussi important qu’un conseil municipal, mais bien plus humain.
L’enjeu est de taille : reconnecter les habitants à leurs élus, montrer que la politique n’est pas l’affaire de quelques-uns, mais celle de tous. Cela fait penser à ces ponts suspendus, perdus dans certaines forêts tropicales : frêles au départ, hésitants avec le premier pas, mais qui deviennent solides au fur et à mesure que chacun ose avancer dessus. La démocratie de proximité, c’est cela : un pont fragile qu’il faut entretenir ensemble.
Au-delà des mots, Alexis veut des actions concrètes. Chaque échange débouche sur un projet à court ou moyen terme : aménagement d’espaces publics, création d’ateliers pour les jeunes, renforcement de l’accès aux services pour les personnes âgées. Petits pas peut-être, mais grandes avancées pour ceux qui vivent la réalité quotidienne.
Et puis, il y a la magie d’un sourire échangé entre voisins, d’une poignée de main sincère, d’un "mi suiv' a ou" qui claque dans la salle. À Dassy, la politique reprend des couleurs, des battements de cœur, des visages familiers. Loin des plateaux télévisés et des slogans éculés.
Semer aujourd’hui pour récolter demain : un modèle à suivre ?
On le sait : à La Réunion, comme ailleurs, le désamour politique est un poison lent. Beaucoup baissent les bras, désertent les urnes, détournent le regard. Mais si à Dassy, grâce aux Rond'cozé, une autre dynamique est possible, pourquoi ne pas envisager de l’étendre ? Pourquoi ne pas imaginer que chaque quartier, chaque commune, trouve sa propre manière d'ouvrir la porte, de tendre l'oreille ?
Un peu comme un jardin de cretonne qu'on planterait devant chaque maison : modeste au début, mais florissant avec le temps, à condition d’y consacrer de l'attention et de l'amour. La démocratie, elle aussi, se cultive. Ici, le citoyen n'est plus un spectateur qui applaudit ou siffle depuis les tribunes : il redevient acteur, bâtisseur de son propre quotidien.
Il y aura des embûches, c'est certain. Mais à travers ces rencontres, ce sont des graines d'espoir qui germent. L’envie d’être écouté, l’envie de faire, l’envie de croire de nouveau qu’ensemble, tout est possible. À Dassy, Alexis Chaussalet ne promet pas monts et merveilles. Il promet mieux : la possibilité de le faire avec nous.
En définitive, l'esprit du Rond'cozé redonne à la démocratie son élan vital : celui du dialogue et de la proximité.
C’est en tendant la main que l’on construit des ponts, et c’est par la parole partagée que naît le respect mutuel. À Dassy, Alexis Chaussalet nous rappelle que la démocratie n’est pas qu’un mot inscrit sur une mairie : c’est une aventure humaine, fragile et magnifique. À nous d’oser, à nous de parler, à nous d’agir. Parce que c’est dans les petites places et les grandes discussions que se dessinent les villes de demain.

