Le courrier du maire de Saint-Joseph au président de l’Association des maires du Département de La Réunion (AMDR) a résonné comme une alerte rouge. Une décision prise par l’État, par arrêté n°509 du 24 mars 2025, modifie en effet drastiquement les taux d’aide pour les Parcours Emploi Compétence (PEC).
Derrière cette annonce technocratique se cache une réalité sociale alarmante : des associations en péril, des collectivités sous tension et des personnes éloignées de l’emploi condamnées à voir s’éloigner leur horizon professionnel.
Disons-le sans détour : cette décision est vécue localement comme une injustice criante et soulève l’indignation des élus engagés pour l’insertion.
Une menace sur l'emploi local et la cohésion sociale
Les Parcours Emploi Compétence ne sont pas de simples contrats subventionnés ; ils constituent pour beaucoup une porte d’entrée vers la dignité. Ces dispositifs ont permis à des centaines de Réunionnais de retrouver espoir, de se former sur le terrain et, pour certains, d’accéder à un emploi pérenne.
En coupant dans ces aides, l’État transforme ce qui était un tremplin en un obstacle. Les collectivités et les associations, déjà fragilisées par des moyens contraints, n’auront plus la capacité de proposer ces contrats vitaux. Un coup dur pour l’insertion professionnelle, mais aussi pour tous ces secteurs qui reposent sur ces emplois pour fonctionner : écoles, services à la personne, entretien des espaces publics…
Imaginez un orchestre où l’on retire soudainement les instruments d’une partie des musiciens. La mélodie se casse, l’équilibre s’effondre. Eh bien, c’est exactement ce qui menace aujourd’hui notre tissu associatif et municipal.
Une décision jugée inacceptable par les élus
Face à cette situation, le maire de Saint-Joseph n’a pas mâché ses mots : il évoque une décision "inacceptable et insupportable". Et pour cause ! Il rappelle que des alertes ont été transmises à l’État à plusieurs reprises, en vain.
Pourquoi une telle surdité administrative ? Comment expliquer qu’au lieu de renforcer les dispositifs d’aide au retour à l’emploi, on choisisse au contraire de restreindre un outil qui a fait ses preuves ?
Cette décision, prise sans concertation avec les premiers concernés, est perçue comme une déconnexion totale avec le terrain. C’est comme si un capitaine de navire décidait de retirer les gilets de sauvetage alors même que la tempête approche. Un non-sens absolu.
Et que dire des conséquences à moyen terme ? Moins de soutien pour les PEC, c’est moins d’accompagnement pour les publics précaires, c’est un retour vers un chômage plus massif et c’est, inévitablement, une montée des tensions sociales.
Un combat à mener sans relâche
Ce qui se joue ici dépasse largement la simple question des financements. C’est un enjeu de solidarité et d’équité pour les territoires ultramarins, qui subissent souvent des mesures arbitraires sans tenir compte de leurs spécificités.
Les maires, les associations, les acteurs de terrain doivent continuer à faire entendre leur voix. Il est encore temps de faire reculer l’État sur cette décision en mettant en avant les preuves concrètes des bénéfices de ces contrats.
Chaque emploi PEC supprimé, c’est une personne de plus laissée au bord de la route. Chaque décision politique doit être prise avec une vision humaine et sociale et non simplement avec une logique comptable.
Ce combat est celui de l’ensemble des Réunionnais. Se taire reviendrait à accepter l’inacceptable.

