Quand le cri d'alerte du député Ratenon doit nous réveiller
Il y a des appels qu’on ne peut pas ignorer, et celui du député Jean-Hugues Ratenon en fait partie. Avec l’urgence et la gravité d’une situation qui semble s’aggraver, il a adressé un message fort aux Réunionnais et aux autorités. Son avertissement est clair : “La Réunion ne doit pas devenir Marseille”. Mais que signifie réellement cette mise en garde ? Et surtout, que pouvons-nous, en tant qu’île, faire pour éviter de glisser sur cette pente dangereuse ?
Où en est La Réunion face au fléau de la drogue ?
Il suffit d’ouvrir un journal ou d’écouter les discussions dans les quartiers pour le comprendre : à La Réunion, le trafic de drogue n’est plus une rumeur lointaine, c’est une réalité qui s’impose. De Sainte-Suzanne à Saint-Pierre, de plus en plus de familles sont touchées de près ou de loin par ce fléau. Le "zamal" traditionnel a laissé place à des substances bien plus destructrices : cocaïne, méthamphétamines ou encore le fameux "chichon chimique". Ces drogues ravagent la jeunesse, brisent des foyers, détruisent des parcours de vie prometteurs.
Jean-Hugues Ratenon, à travers son appel, ne pointe pas seulement du doigt les faits, il nous tend un miroir. Marseille, tristement célèbre pour ses réseaux de stupéfiants et les violences qui en découlent, est devenue un symbole de ce que nous ne voulons pas pour notre île : des quartiers gangrenés, une insécurité quotidienne et une société qui semble impuissante face à une spirale incontrôlable. Les braquages récents signalés dans nos petits commerces ne sont-ils pas déjà des signaux d’alarme ?
Cela ne signifie pas que nous sommes déjà là. Mais certains indices inquiètent. Lorsque des jeunes, parfois à peine adolescents, se retrouvent manipulés et exploités par des trafiquants, nous devons nous demander : que faisons-nous pour les protéger ?
Passer de la peur à l’action : un défi collectif
Éviter que La Réunion ne suive cette trajectoire n’est pas une mission réservée aux politiciens ou aux forces de l’ordre. C’est un combat collectif, une manière de dire : "non, pas ici !" Cela commence par un investissement dans l’éducation et la prévention. Trop souvent, une jeunesse désœuvrée, sans perspectives, devient une cible facile pour les réseaux de dealers. Offrir des alternatives, que ce soit par le sport, la culture ou la formation, peut faire toute la différence.
En 2019, une association locale a témoigné d’un mouvement communautaire dans un quartier sensible de Saint-Denis. Sous l’impulsion de quelques habitants, ils ont mis en place des activités après l’école et sensibilisé les jeunes aux dangers de la drogue. Résultat : une baisse notable des petits délits sur une année. Cela prouve que des initiatives locales, bien pensées, peuvent redresser la barre, même dans les zones les plus vulnérables.
Mais il serait naïf de penser que la société civile peut tout résoudre d’elle-même. L’état doit mobiliser ses ressources à la hauteur des enjeux. Cela inclut des contrôles aux frontières renforcés (car oui, tout cela arrive par nos ports et aéroports), un soutien accru aux associations de terrain, et, bien sûr, des moyens supplémentaires pour la police et la gendarmerie.
Pourtant, il ne s’agit pas seulement de répression. Jean-Hugues Ratenon insiste aussi sur une prise de conscience collective. Il s’agit de renouer avec nos valeurs réunionnaises : le respect, la solidarité et une attention réelle pour notre jeunesse. Chaque habitant, chaque famille, peut jouer un rôle en étant attentif et en s’engageant dans des projets locaux.
En finir avec le fatalisme
Nous sommes, à La Réunion, à un carrefour. Face à la montée des trafics de drogue, nous pouvons choisir de fermer les yeux jusqu’à ce qu’il soit trop tard, ou bien nous pouvons agir, maintenant, ensemble. La voix du député Ratenon est un signal d’alarme, mais aussi un appel à l’espoir. Car oui, notre île a les ressources humaines, culturelles et sociales pour ne pas sombrer. Mais cela nécessite une union sacrée : élus, forces de l’ordre, associations, familles… chacun doit jouer sa partition pour protéger La Réunion et offrir un avenir meilleur à nos jeunes. Marseille est une histoire que nous ne voulons pas raconter. Et si nous agissons aujourd’hui, nous pourrons préserver ce qui constitue l’âme de notre île.

