Une réponse aux critiques : Éricka Bareigts tend la main à Mayotte
Les mots ont un poids. Ils peuvent diviser, blesser, créer des fossés parfois difficiles à combler. Mais ils ont aussi le pouvoir de réparer, d'apaiser et de construire. C'est dans cet esprit qu'Éricka Bareigts, maire de Saint-Denis et ancienne ministre des Outre-mer, a choisi de répondre aux critiques du président de l'Association des maires de Mayotte. Dans une lettre ouverte, elle ne rejette pas les attaques avec véhémence, mais préfère appeler à l’unité et à la coopération.
La politique, surtout lorsqu’elle touche aux territoires ultramarins, est souvent marquée par des tensions. Mayotte, département confronté à de nombreux défis, est un sujet sensible où les attentes sont immenses et les frustrations profondes. Mais face à ces difficultés, Bareigts propose une approche moins conflictuelle et davantage tournée vers le dialogue et l’action commune.
L'appel à la solidarité nationale
Dans sa lettre, Éricka Bareigts ne cherche pas à se justifier point par point. Elle aurait pu répondre sur le ton de la confrontation, rétorquer aux accusations avec des chiffres et des bilans. Mais elle fait un choix plus rare en politique : elle propose d’avancer ensemble. Une prise de position qui rappelle la nécessité pour les élus ultramarins de travailler dans une certaine synergie plutôt que dans la division.
Mayotte traverse des crises multiples – immigration clandestine, insécurité, pénurie d’eau… Tant de sujets qui alimentent les tensions et sur lesquels les critiques fusent à tous les niveaux. Mais Bareigts pose une question essentielle : au-delà des désaccords, comment peut-on mobiliser la solidarité nationale pour améliorer durablement la situation de Mayotte ? Elle insiste sur l’importance de l’implication de tous, car aucune solution ne peut réellement émerger sans un engagement commun des élus et des institutions.
Cette lettre ouverte rappelle les mots d’un vieux sage : "Si tu veux aller vite, marche seul. Si tu veux aller loin, marchons ensemble." Bareigts ne nie pas les difficultés ni les erreurs du passé, mais elle trace une voie différente – celle d’un travail collectif, où l’histoire politique ne sert pas d’obstacle mais de leçon pour bâtir l’avenir.
Entre responsabilité politique et espoir d’un travail collectif
Dans les Outre-mer, les rivalités politiques sont légion. Chacun défend son bilan, accuse l’autre de ne pas en faire assez, et trop souvent, le débat se perd en querelles au détriment des solutions concrètes. Dans ce contexte, la réponse d’Éricka Bareigts prend une résonance particulière. En tant qu’ex-ministre des Outre-mer, elle sait combien les attentes sont grandes et combien il est facile d’être pointé du doigt lorsque les résultats tardent à venir.
Mais ici, elle refuse d’entrer dans une guerre stérile de reproches. Elle évoque plutôt une responsabilité partagée et un appel à dépasser les divisions. Une démarche qui n’est pas anodine : en tendant la main plutôt qu’en ripostant, elle invite Mayotte à sortir du face-à-face stérile pour entrer dans une dynamique collaborative. C’est un pari audacieux, car encore faut-il que son adversaire d’un jour soit prêt à jouer le jeu.
Il y a dans cette posture une forme d’humilité politique, chose rare dans un monde où chacun cherche à défendre son bilan coûte que coûte. Mais Bareigts semble regarder plus loin que les tensions du moment : elle aspire à ne pas être une adversaire, mais une alliée dans un combat commun.
Mayotte est à un tournant, et les querelles politiques ne feront qu’aggraver des crises déjà profondes. La lettre d’Éricka Bareigts rappelle, avec justesse, qu’au-delà des désaccords se joue une responsabilité collective : celle de mettre les égos de côté pour trouver des solutions durables. Son appel à la solidarité nationale n’est pas seulement un vœu pieux, mais un rappel essentiel que les Outre-mer ne peuvent avancer qu’unis. Il appartient désormais aux acteurs concernés de répondre à cette main tendue. Auront-ils le courage de dépasser leurs différends pour construire ensemble ?

